temps qui s'écoule d'un sablier

Après avoir annulé et repris son rendez-vous pour un examen trois fois, je finis par recevoir André pour une consultation.

Il est référé par une collègue de travail, mais n’est pas très enthousiaste. En fait, il a l’air abattu… Je lui demande ce qui l’emmène à consulter, et il me parle de son mal de dos qui dure depuis plusieurs années (il aura 60 ans l’an prochain). Au fil des ans, il l’a fait traiter par divers docteurs et thérapeutes, incluant des chiropraticiens, avec certains résultats. La douleur diminue et est parfois disparue, mais elle revient toujours.

Je lui demande pourquoi il consulte à nouveau maintenant. Il m’explique que le mal devient incapacitant et l’empêche pratiquement de faire quoi que ce soit de l’fun: il ne peut plus golfer, ou skier, être assis assez longtemps pour écouter un film, ou même passer du temps intime de qualité avec sa conjointe.

Je lui demande s’il sait pourquoi son corps ne guérit pas de cette douleur et lui explique que lorsque notre corps fonctionne normalement, en Équilibre NeuroDynamique, bien souvent, ces douleurs chroniques peuvent enfin guérir. Je lui parle des signes qui montrent que notre corps est en déséquilibre et lui propose de l’examiner afin de savoir si c’est son cas et si ça pourrait expliquer pourquoi son problème dure depuis tant d’années, sans vouloir guérir.

L’examen démontre une Suractivation de son système nerveux et de sa colonne vertébrale. Ceci a bien des chances d’expliquer son problème, car une telle douleur chronique est souvent un problème secondaire à la Suractivation, qui peut mener à une usure progressive des os et des disques avec le temps – de l’arthrose. Je suis confiant de pouvoir l’aider et André décide d’entreprendre les soins nécessaires pour renverser la Suractivation et retrouver l’équilibre.

La première semaine, il rate chacun de ses rendez-vous. La deuxième, il en rate un autre, puis je le vois enfin pour celui qui aurait dû être le 5e. « Je suis désolé, je n’ai pas eu le temps de venir. Je n’ai pas le temps de prendre soin de moi.»

Je lui ai dit que je comprenais et qu’en même temps, je ne pouvais pas l’aider dans ces conditions-là. Et que sa douleur lui montrait déjà les conséquences de son style de vie. Je lui ai dit que c’était un peu comme s’il me disait qu’il était trop occupé pour mettre de l’essence dans sa voiture. Et qu’un jour, qu’il le veuille ou non, à force de conduire, il devra arrêter et faire le plein.

Sauf qu’ici, on parle de sa vie, et non de sa voiture. Et que s’il ne faisait pas le plein régulièrement, plutôt que de faire du pouce ou appeler le CAA pour se faire remorquer, ce serait un moment privilégié dans un lit qui l’attendrait éventuellement, probablement dans un hôpital.

Il est venu à deux ou trois autres reprises et ensuite, m’a écrit un courriel pour me dire qu’il n’avait pas le temps de venir à ses rendez-vous, qu’il viendrait plus tard quand les choses de placeraient.

Je l’espère pour lui. Quoique j’ai peu espoir: mon expérience à moi m’a montré que les choses se placent rarement d’elles-mêmes et quand elles le font, c’est généralement pas de la manière que nous aurions choisi.

La partie la plus difficile de mon travail est de sentir la souffrance de quelqu’un, savoir que je pourrais l’aider, et que la personne se sabote… C’est triste à voir.

Alors j’en profite pour remercier tous ceux et celles qui le prennent, ce fameux temps, pour prendre soin d’eux. C’est un plaisir de travailler avec vous et vous voir obtenir les résultats que nous souhaitons ensemble. Et de penser ensuite, aux répercussions qu’ont ces résultats sur votre qualité de vie, mais aussi sur la vie de ceux que vous côtoyez. On est plus patient avec un enfant ou un collègue qui en a besoin quand notre système est en Équilibre. Et cette patience donnera peut-être l’occasion à cet enfant ou ce collègue de faire à son tour un changement positif. Ce qui pourrait avoir un effet boule de neige sur combien d’autres personnes…

Quand on prend le temps de s’occuper de soi-même, on s’occupe de tous ceux qu’on aime en même temps… et même les autres!

Ça me rappelle l’histoire du jeune bûcheron qui en voit un autre travailler d’arrache-pied pour scier un arbre. « Je pense que tu devrais aiguiser ta lame de scie, ça irait bien mieux et plus vite! » Et l’autre de répondre: « Ben non le jeune, je suis ben trop occupé pour prendre le temps d’aiguiser la scie… » Est-ce que votre scie coupe bien?

Dr Yohann Stoycheff, chiropraticien D.C.
V3 Chiropratique à Granby

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