Quand les toasts brûlent...

Si vous avez mal, surtout dans le dos, vous avez peut-être comme bien des gens le réflexe automatique de prendre un anti-douleur, un relaxant musculaire, un anti-inflammatoire ou d’appliquer une pommade quelconque.

Je comprends: je n’aime pas avoir mal moi non plus.

Vous prenez ces produits parce que bien souvent, ils sont efficaces pour vous soulager et vous permettre de faire vos journées ou bien dormir. En plus, vous pouvez en acheter partout et ils ne coûtent pas très cher. J’irais jusqu’à dire que pour la plupart des gens, consommer ces produits est un geste banal, anodin, sans conséquence. Mais d’après moi, ce n’est pas un geste sans conséquence et c’est la raison pour laquelle j’ai écrit cet article.

Loin de moi l’idée de vous juger si vous avez pris deux Advil après votre dernière entorse. Je ne peux pas non plus vous dire quel produit choisir ou quelque chose du genre, ce n’est pas dans mon champ de pratique.

Plutôt, mon objectif dans cet article est simplement de vous faire réfléchir, vous donner quelques informations pertinentes à considérer avant de prendre des produits contre la douleur.

Premier point: les combinaisons dangereuses

Après plus de 15 ans à voir des patients, je ne crois plus qu’il soit utile de vous dire que les médicaments ont tous des effets secondaires, je suis certain que vous le savez déjà. Je me dis aussi que si vous en consommez, c’est que ça ne vous dérange pas, alors je ne perdrai pas plus de temps à en parler. Tout ce que j’aimerais ajouter, c’est que lorsque vous avez mal, vous devez faire attention aux doses. Vous savez sûrement déjà que même les produits en vente libre ont une dose maximale à ne pas dépasser. Vous ne savez peut-être pas, par contre, que plusieurs produits (pas juste les pilules, mais aussi les sirops et les crèmes) contiennent les mêmes médicaments et que lorsqu’on les combine, c’est facile de faire des surdoses. Je recommande toujours de parler à votre pharmacien avant de prendre un produit quelconque et c’est encore plus vrai quand vous en prenez plusieurs. Par exemple, Robaxacet contient du Tylenol, tout comme NyQuil et d’autres produits. Sachant que le Tylenol/Acétaminophène est la cause #1 d’insuffisance du foie aigüe au Canada, ça invite à la prudence.

Deuxième point: éteindre vos alarmes

Vous avez déjà fait brûler vos toasts? Vous avez apprécié autant que moi le bruit du détecteur de fumée? Vous lui avez enlevé sa batterie? Bien sûr que non: l’alarme vise à vous protéger du feu et n’est que le messager.

La douleur, c’est pareil. Quand vous blessez votre dos, votre cou, votre épaule, votre corps va créer de l’enflure (inflammation – c’est la même chose) afin de protéger la région et l’aider à guérir. L’enflure permet entre autres de limiter vos mouvements: si vous bougez d’une manière qui risque d’aggraver votre blessure, le signal de douleur va augmenter. C’est sa job. L’enflure vous protège.

Quand vous prenez un produit qui vous enlève votre douleur et/ou votre enflure, vous perdez ces mécanismes naturels et innés de protection. Résultat: vous ne sentez plus vos limites et vous augmentez la probabilité de faire sans le vouloir un mouvement que vous allez regretter ensuite, car il aura aggravé votre blessure ou ralenti votre guérison.

C’est la même chose si vous appliquez de la glace, en passant.

Ma préférence à moi, donc, est d’écouter votre corps: si c’est tolérable, endurez votre mal et les chances sont bonnes pour que vous guérissiez plus vite ou au minimum, que vous ne fassiez pas les mouvements qui pourraient vous nuire. Si ce n’est pas tolérable, vous devriez consulter et vous assurez que vous n’avez rien de sérieux, avant de masquer le problème. Ce qui m’emmène à mon troisième point…

Troisième point: négliger un problème qui demande de l’attention

J’arrive à comprendre quelqu’un qui a choisi d’éteindre le signal d’alarme suite à une blessure, malgré les risques, afin de pouvoir retourner au travail, des choses comme ça.

J’ai plus de difficulté à comprendre ceux qui le font à long terme. Si vous avez mal depuis plusieurs semaines, ce n’est pas en continuant de prendre du Advil ou du Naproxen que vous allez régler votre problème. (J’avais un prof à l’université qui s’amusait à dire que la douleur n’était pas causée par une déficience sanguine en Tylenol…) Si le problème dure depuis un ti-bout, vous avez probablement besoin d’aide et si vous attendez avant de consulter, il y a fort à parier que quand vous allez enfin vous décider à le faire, le petit problème que vous aviez au départ aura grandi… Ça vous coûtera plus cher à régler et il y aura peut-être des même des dommages permanents (certains attendent des années!).

En résumé, la douleur n’est jamais votre ennemi. C’est toujours un signal. À vous d’écouter.

 

Crédits photos: https://pixabay.com/users/CordMediaStuttgart

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